Un projet en préparation. Nous attendons donc vos propositions pour que cette rencontre sur la femme en générale et sur la femme noire en particulier soit une réussite. Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire pour participer à ce grand chantier ouvert en 2003 à Ouagadougou au Burkina faso par la conférence du CBC "Femmes exclues pour sorcellerie". Nous osons espérer que le thème générique : "Vies et combats de femmes" vous interpellent et vous mettrez tout en oeuvre pour travailler en collaboration avec Zanadoan sur la question. Nous vous invitons à parcourir le programme prévisionnel et à nous envoyer des messages pour l'enrichir. Nous espérons que vous femmes dynamiques qui lisez ces pages, vous mettrez tout en oeuvre pour que l'information circule car nous souhaitons que un maximum de femmes prennent part à cette rencontre qui se passera au Burkina Faso prochainement.

INTRODUCTION

 

Mesdames, Messieurs!

Zanadoan a le plaisir d'annoncer la tenue prochaine d'une grande rencontre de partage et de réflexion sur les conditions des femmes dans le temps et l'espace. Le cas de la femme en milieu rural sera le thème central dans nos débats.

Ce dossier d'information est monté pour vous, nos futurs collaborateurs et soutiens à la réalisation de ce dossier en chantier depuis 2001. Votre appui nous sera d'un grand secours, et nous espérons vous compter parmi nos meilleurs collaborateurs et bailleurs de fonds pour cette entreprise pour un mieux être primaire dans nos sociétés traditionnelles qui souffrent encore de mise à part en ce qui concerne les droits élémentaires dus à la personne singulière sans distinction de sexe.

 

(1) Samirama, une artiste musicienne Bissa du Burkina Faso (2) Sourires des journées de la mémoire de l'Afrique ici et ailleurs en 2001; 3)Des femmes sara, sud - tchadien réunies dans le garagara pour l'avènement du ndo Deni, une localité près de Bedaya (4) lEnsemble avec Mimi Barthélémi et les autres 5) Image de Thaïlande.


LA PRESENTATION DU PROJET

Contexte et Justification

Pourquoi un tel thème pour les Journées de la Mémoire de l'Afrique Ici et Ailleurs ? 

Après le thème de l'Afrique dans le temps et l'espace, il nous semble indiquer de traiter du problème de la femme africaine, car si l'Afrique se relève difficilement des affres de l'Histoire, la femme de ces contrées a connu plus que toutes les femmes du monde, la grande souillure du temps, due à l'esclavage continental et transcontinental.  Mais il est également fondamental de jeter un regard critique sur la condition de la femme en milieu rural.

Des études récentes que nous avons eu l'opportunité de mener dans quelques villages du Burkina, montrent le drame que vivent les femmes en milieu rural, parce qu'elles sont femme. La situation des femmes revisitée dans le temps et l'espace peut ouvrir sur une remise en question des statuts, pour un meilleur développement social et intégré.

Le thème principal :

La situation des femmes en milieu rural (statut et condition sociale)

Dans le projet de Ouagadougou 2003, il sera question des différents cas de figures de la condition de la femme en général mais de la femme rurale en particulier. Le projet de Ouagadougou ne sera pas pour résoudre tous les problèmes d'injustice et de discrimination que vivent les femmes mais pour ouvrir une brèche sur des questions tabou et apprendre à attaquer de front, ce qui conditionne le statut de la femme dans les sociétés traditionnelles.

Les témoignages des uns et des autres ainsi que les visions diverses des choses sont souhaitées pour traiter le problème de la femme étouffée dans certaines sociétés en Afrique traditionnelle.

A partir des études menées dans les villages sur le rejet des femmes pour objet de sorcellerie, il nous semble urgent, une redéfinition du statut de la femme dans certaines sociétés traditionnelles. La facilité avec laquelle, un bannissement sans appel est prononcé, relève du statut conféré à la femme dans ces sociétés.

En effet, dans certaines sociétés, la femme est une chose que l'on peut donner à son voisin ou à son bienfaiteur pour sceller une amitié entre homme. Un combat sans faille doit être mené pour qu'aucun être ne puisse disposer de la vie d'autrui, même si cet autrui est votre sang. Un enfant ne nous est pas donné pour que nous en disposions comme bon nous semble, mais pour l'épanouissement de la vie ici-bas.

Peut-on parler d'épanouissement quand les uns se construisent sur le sang et les larmes des autres ? L'éducation de la fille est négligée au profit de celui du garçon, construit pour être un membre à part entière de la famille, en somme, un pilier ! Pendant que la fille réduite au marchandage et aux contrats maritaux, est traitée comme une étrangère dans sa propre famille. Il faut cependant noter que les parents qui donnent leur enfant pour sceller une amitié, ne la troque pas forcément contre de l'argent. Cet un usage qui lie les familles.

Mais le problème fondamental qui peut être relevé ici est que l'enfant étant confiée à ses maris en bas âge, cesse d'intéresser ses parents. Plus tard après qu'elle ait été faite femme, en cas de problème, elle est purement et simplement reniée des deux familles. Les maris la rejettent et les parents tenus par le contrat des pères, ne peuvent intervenir, résultat, elle n'a plus où aller, elle est seule. Et c'est ainsi par exemple que des femmes d'un certain âge se retrouvent errant dans les rues, certaines préfèrent se pendre que de continuer à vivre en parias.

            Il vient que ce projet ne vise pas une genèse de la condition de la femme, mais espère travailler à ce que les injustices qui continuent de peser sur la tête de cette catégorie de la société, depuis la nuit des temps, parce que son sexe, se résorbent et prennent fin.

Pour permettre un meilleur épanouissement des sociétés dans certaines campagnes il est urgent que le statut de la personne et de la femme en particulier, soit revisité et que des propositions concrètes soient faites pour une meilleure équité dans certaines sociétés africaines.

Nous disons certaines, parce que toutes les sociétés africaines ne traitent pas la femme de la même manière. Il est important que les sociétés dans lesquelles les pires exactions sont faites soient circonscrites et sensibilisées sur la question, car les discours globalisant ne peuvent pas résoudre des problèmes concrets et ciblés.

En effet, en domaine des questions sur la femme dans l'espace et le temps, il est important que nous fassions remarquer que les conditions des femmes sont différentes suivant les sociétés dont elles sont issues. Il y a certes une évolution temporelle, mais les expériences spatiales seront déterminantes dans les débats pour exposer la vie et le statut de la femme.

Afin de pouvoir travailler pour le mieux être de la femme en milieu traditionnel, il est important qu'un consensus soit pris à la lumière de ce qui se passe dans les sociétés traditionnelles d'Afrique en général. Des interventions différentes seront faites, avec pour conclusion, de proposer, après un état des lieux, des stratégies pour améliorer les conditions de vie sur le plan statutaire et social.

En ce qui concerne le canal économique, de nombreuses actions sont entreprises, mais ceci n'est pas le vrai remède à la chosification de la femme. Sur le plan traditionnel, l'homme ne détient pas la richesse, les femmes participant à tous les travaux champêtres, elles ont leur grenier et leur fond de roulement propre, sauf dans les sociétés foncièrement phallocratique.

 

Zanadoan souhaite surtout favoriser l'information sur les droits de la personne singulière, et emmener les sociétés traditionnelles à se défaire de la chosification dont les filles font l'objet. Nous pensons qu'un travail d'information par des interventions directes sur le terrain sont nécessaires pour participer efficacement à la revalorisation de la femme en tant que personne à part entière devant jouir des mêmes droits que les hommes. Elle ne devrait donc pas souffrir de discrimination à la naissance parce qu'elle serait faite femme !

A ce titre, nous tenons à faire remarquer que presque tous les cas d'injustice dont sont victimes les femmes, (exclusion pour sorcellerie, mariages forcés ou précoces, bannissements etc. .) ont leurs racines dans le statut congénital de la femme en ces sociétés.

 

La rencontre que nous souhaitons, aura pour avantage, de mettre en présence plusieurs expériences et manières de faire culturelles (pays différents, sociétés différentes.), ce qui permettra de statuer sur la femme rurale en particulier. Car nous voulons éviter les discours trop intellectuels sur la liberté et l'indépendance des femmes dans les métiers de décision (Politique, femmes des sociétés modernes et leurs avatars).

Ces cas seront présentés, mais nous estimons qu'une femme alphabétisée est souvent plus à mesure de se défendre, même si nous savons que l'égalité des sexes proclamée en occident, n'est qu'une façade qui entraîne les femmes dans la structure sans tenir compte de leur caractère spécifique. La société moderne phallocrate intègre la femme en l'entraînant à être comme un homme dans sa fonctionnalité. La femme n'a donc pas là non plus une vraie place.

Notre rencontre voudrait également travailler à amenuiser l'écart qu'il y a entre les femmes dites « libérées » et les femmes des villages, dépendant entièrement de l'autorité de l'homme. La lutte n'est donc pas à mener seulement auprès des femmes, mais aussi auprès des hommes et donc de la société entière.

Les hommes ne sont pas forcément contre les femmes. Ils souffrent eux aussi de l'enfermement, et continuent d'agir comme au temps des sociétés refermées sur elles-mêmes. C'est quelque part la société entière qui est malade.

La rencontre des peuples et les idéaux embrassés par la majorité de l'humanité, semblent se limiter dans les villes et souvent sur les papiers. La vie quotidienne semble être en marge de tous les grands discours philosophiques qui claironnent dans les textes et les grands meetings, sans jamais toucher les hommes eux-mêmes.

Aujourd'hui, en ces temps où tous les espaces, les sociétés, les peuples se touchent et interfèrent les uns sur les autres, il est injuste et criminel de continuer à nourrir de telles ignorances et de tels actes !

La rencontre que nous espérons sera un plus et un appui certain sur les actions qui doivent être entreprises sur le terrain dans le cadre de la sensibilisation sur les droits de la personne singulière et de la femme en particulier.

Les thèmes associés

Les thèmes qui seront traités pour éclairer le thème central, afin que les propositions soient pertinentes et incisives sont: la femme issue de l'esclavage transcontinental, la femme européenne et la femme moderne. Des personnes éclairées sur les différentes questions seront donc là pour un échange constructif. Les différents combats, mêmes s'ils ne peuvent tous être traités, sont attendus dans nos présentations. Nous savons que toutes les femmes du monde ont un combat c'est d'être traitées comme une personne à part entière, et sur cette base leurs idéaux se rejoignent, même si les diversités culturelles demandent des stratégies intégrées. La vie et le combat de certaines femmes phares sera mise en exergue afin de booster l'imaginaire et la vie de l'aujourd'hui.

 

La femme issue de l'esclavage transcontinental

 

Il est certain que cet aspect de la femme dans l'esclavage transcontinental sera abordé, pour éclairer la situation de la femme et de la famille issue d'un tel système d'exploitation de l'homme par l'homme ; Que cette situation de dépersonnalisation extrême a généré des problèmes d'identité, de communication et d'acceptation de soi. Cette situation est uniforme pour les hommes comme pour les femmes.

Dans ce contexte, il ne s'agissait plus de la relation de l'homme à la femme dans une société donnée, mais du rapport du maître à l'esclave (ici homme comme femme Noirs ne s'appartenaient plus, et ne pouvait se réclamer d'aucune tribu, la référence ultime étant le maître).

La question fondamentale qui doit être posée et approfondie à cet effet, c'est : quel type de femme, quel type d'homme est sorti de cette tyrannie « dépersonnalisante » de l'histoire ?

 Dans cette institution esclavagiste, le statut de la famille a été bafoué à plus forte raison celle de la personne ! Il y avait des enfants, mais rares voyaient leur père, moins le connaissaient vraiment. La femme a, ici, été seule devant son destin et celui de ses enfants - si on les lui laissait ! -

Il faut également souligner, qu'ici la phobie de la couleur noire, cultivée, la course vers le blanchissement de la peau alternative de réhabilitation instaurée, le métissage comme exutoire salutaire s'est accéléré  avec son cortège de complexes divers ! « Cette condition de la femme dans ce temps de la dépersonnalisation ultime, est agissante dans l'aujourd'hui », et elle est à élucider pour ouvrir sur une meilleure acceptation de soi. Doit-on dire que les hommes furent absents ?

Les hommes dans ce cas de figure ont adopté l'exemple du maître face à sa femme ; cas de figure qui n'est que la position de l'homme européen  (dans les colonies) face à la femme entretenue mais qui obéit au mari qui voyage et qui entretient de multiples maîtresses ! La femme épouse, restant mère dans le foyer. L'homme étant celui qui ne s'occupe que des choses de dehors (son travail) ne se souciant pas de la vie intérieure de la famille qui est diligentée par les servantes faites noires, sous la houlette de l'épouse blanche qui transfère volontiers le rôle de mère à sa servante dévouée. La situation des hommes dans ce cas de figure n'est pas aisée à définir, car en réalité, leur vrai rôle de mâle leur a été confisqué. En effet, assujetti à un rôle d'exécutant et de traître à sa propre cause, il demeure l'absent.

Il n'est donc pas étonnant que la famille soit à reconstruire dans les Antilles où père, fils et mère ont été tirés dans tous les sens.

Cette situation a peut-être contribué à libérer la femme de son mari, mais surtout à lever des murs entre les êtres, la seule ressource fédératrice dans ces conditions extrêmes de déflagration sociale, fut la mère.

 

La femme européenne et la femme moderne dite libérée 

 

Il est vrai que la condition de la femme européenne a évolué depuis la deuxième guerre mondiale. Elle a été amenée malgré elle à prendre la place de l'homme qui était sur le front de guerre, tant dans le travail que sur le plan vestimentaire ! Les femmes européennes ont réussi avec les mouvements révolutionnaires à faire traiter la femme en tant que personne à part entière, ayant les mêmes droits que les hommes, pouvant prétendre au même poste.

Sur le plan juridique l'acquis est attesté, mais la question fondamentale qu'il nous vient de poser par rapport à ce cas de figure c'est : est-ce que l'homologation a été faite pour la femme en tant que personne interchangeable avec l'homme ou la femme en tant que personne à part entière mais différente de l'homme. Le courant féministe a donc proclamé la femme égale de l'homme en droits juridiques et sociaux ; mais il en est aussi sorti l'égalité d'être ! Ce qui fait peut-être osciller le système. Les femmes et les hommes sont des personnes à part entière mais différentes sur le plan morphologique et biologique. Cette caractéristique mérite que l'on revienne sur la condition de la femme en Europe. Car nous pensons qu'il y a une nécessité de justification de la structure sociale à la mesure de cet état être différent ?

La femme européenne est confrontée à la liberté et à l'indépendance : libre pour quoi ? Indépendante de qui ou de quoi ? Dans une société individualiste qui a la famille à gérer quelle serait la réponse ? Dans le cadre professionnel quelle serait la réponse ? Il va de soi que suivant les cas, le statut de la personne peut souffrir de disfonctionnement.

 

La libération par l'économique

 

         Il est certain que la force économique d'un individu, qu'il soit homme ou femme, le libère de l'emprise d'autrui, dans la mesure où il est libre de ses mouvements et n'a pas besoin de subir des contraintes alimentaires pour vivre.

Il est tout de même important de se poser la question à savoir si la richesse d'une femme change son statut en milieu rural ?  Si certaines familles acceptent envoyer leur fille à l'école comme le garçon, il n'est pas attesté que la richesse d'une femme en milieu rural, l'installe en égal sur le banc des discussions avec les hommes. Il est clair que la richesse ne résoudra pas le statut fondamental de la femme dans les mentalités intégristes.

 

La réponse est dans les sensibilisations et la remise en question de la structure mentale face à l'autre. Pour que tous les membres de la société s'épanouissent en harmonie, c'est toute la communauté qui doit être interrogée et mise en question. Le travail de sensibilisation dont il s'agira ne sera pas limité à de simples gestes de compassion ni à des entreprises de publicités de surface, mais à une réelle implication dans la mise en ouvre de la structure de remise en question et de mise en interrogation. Car en réalité, qui est le bourreau ? Qui est la victime ?

L'ambiguïté du système villageois requiert donc une très grande subtilité et une certaine vision transcendantale des choses et des mentalités intégrées dans les actions à mener.

Les indépendances anarchiques et les libertés pour libertinages ne sont pas forcément  le chemin du bonheur. Car, en fin de parcours, l'individu est isolé. Ce n'est donc pas de liberté dont il s'agit ici, mais de respect et de justice sociale.

Dans une ville la situation peut être vivable à cause des brassages multiples, mais dans un village, la situation est différente, et la nécessité du dialogue et des échanges concertés même s'ils sont longs à obtenir, sont la voie la plus salutaire, car l'homme ne vit pas que de nourriture. L'intégrité, la fierté et le désir de reconnaissance par l'autre, sont des paramètres non négligeables à prendre en compte dans le processus du changement positif des mentalités villageoises.

Célébration de funérailles dans un village du Sandje

 

Filage de coton dans les stands  « techniques et savoir-faire »

« Journées de la Mémoire » au Fespaco 2001


    
   

Le Colloque

Le colloque sera pour exposer les expériences dans le temps et l'espace (travaux de chercheurs sur sujet ciblé dont la femme est l'objet de l'analyse). Le comité scientifique du colloque se chargera de définir le déroulement des ateliers de travail.

Les Ateliers de travail

Les travaux des ateliers doivent aboutir à des propositions concrètes.

Les Séances plénières : Une journée

Expositions des conclusions diverses pour la mise en commun des réflexions.

 

Une Exposition

L'exposition sera faite en images et en texte sur « vies et combats de femmes » 

Et sur « les techniques et savoir faire des métiers et des arts » (ici, il s'agira de promouvoir les artistes et travaux de femme) ; (tissus, poterie, vannerie, peintures)

Il sera également cas dans cette exposition des initiatives des femmes dans le monde.

Les artistes femmes

Un concert

Le concert sera animé par Miryam Makeba (Afrique du Sud), Mimi Barthélémy (Haïti) et deux artistes musiciennes féminines et un groupe de danse du Burkina Faso. Des participations surprises  venant du Mali ou d'ailleurs, sont prévues. L'occasion sera donnée à des femmes de chanter en langues nationales pour la revalorisation des langues africaines.