Paris, le 1er Novembre 2007,
Rapt des enfants du Tchad:
le jugement de cette Nouvelle Traite
Négrière doit avoir lieu sur le sol Africain.
Dans cette affaire de l'Arche de Zoé, les faits sont têtus: les
Africains n'ont pas vendus leurs enfants, ils ne s'en sont pas
débarrassé.
Les témoignages sont nombreux qui confirment qu'au moins 91 des enfants
n'étaient pas orphelins et qu'ils ne sont pas du Darfour mais bien du
Tchad. Beaucoup de parents ont retrouvé leurs progénitures depuis. Ils
confirment que les parents de ces 21 petites filles et 82 petits
garçons ont été dupés par les promesses d'une vie meilleure pour leurs
progénitures.
Les témoins racontent qu'ils sont venus une
première fois et ils ont dit qu'ils cherchaient à aider les orphelins
de père et les orphelins de mère. Puis ils sont revenus en disant
qu'ils voulaient aider tous les enfants et les envoyer à l'école. Ces
parents expliquent qu'ils ne pourront plus jamais oublier le visage de
ces Blancs.
Dans ces conditions, le porte-parole du gouvernement tchadien a raison
quand il s'inquiète du sort qui pouvait être réservé à ces enfants
enlevés à leurs parents: vol d'organes, pédophilie.
Dans ces conditions, le gouverneur de la région d'Abéché a raison quand
il dénonce ce retour de la Traite Négrière.
Les jeunes Tchadiens sont très lucide, tel celui-ci qui s'exprime
devant une caméra de TF1: "Hier vous avez
exploité nos ressources, vous avez vendus nos parents, et aujourd'hui
nos enfants. et demain? Je laisse un gros point d'interrogation"
; tel cet autre qui dit "ce qu'ils ont
fait, c'est la Traite Négrière; écoutez, nous sommes des Africains"
Car cette technique ressemble bien à celle utilisée pendant la Traite
Négrière; on promettait une meilleure vie pour ceux qu'on laissait
partir [ils se rapprocheraient de Dieu ou des dieux, quel cynisme!] et
on faisait des cadeaux de pacotille à ceux qui restaient pour mieux
leur piller leur terre. S'ils résistaient, on décimait leur village
après avoir kidnappé les jeunes femmes et jeunes hommes en meilleure
santé.
A propos de santé, selon les reportages TV, les enfants enlevés du
Tchad faisaient partie de ceux qui était en meilleure santé; ils ne
nécessitaient pas d'aide médicale et ils n'étaient pas orphelins,
contrairement aux affirmations de l'association qui a déguisé
l'opération en évacuation sanitaire.
D'un côté, on expulse violemment de France les jeunes parents, les
grandes sours et les grands frères qui font le sacrifice d'y aller
travailler pour aider leur village; de l'autre, on kidnappe les plus
petits au village pour les déraciner dans un univers qui efface leur
culture.
Les médias, Reporter Sans Frontière et le président Français se sont
engagé dans une bataille médiatico-politique pour faire libérer les
journalistes "qui faisaient leur métier"; pourtant, selon TF1, aucun
de ces journalistes n'a daigné se faire enregistré auprès du Ministère
tchadien de la communication !
Comment ces journalistes professionnels n'ont-ils pas pu constaté
que ces enfants étaient kidnappés? n'ont-ils pas filmé les opérations
de recrutement des enfants dans les villages ? n'étaient-ils pas assez
curieux ? où leur a-t-on refusé cette possibilité, auquel cas où et que
filmaient ils exactement ?
L'enquête doit répondre à ces questions sans ambiguïté.
La "petite" association "Arche de Zoé" semble avoir préparé cette
opération avec beaucoup de relations d'influence et de moyens
techniques et financiers.
Depuis septembre, les membre de l'association ont pu faire
plusieurs allers-retours entre N'Djaména et Abéché dans des avions même
de l'armée française. Or le ministère des Affaires Etrangères de
Bernard Kouchner (et Rama Yade) affirme qu'il avait mis en garde contre
cette opération à plusieurs reprises. Peut-on croire, doit-on croire,
que Bernard Kouchner, un rodé de l'humanitaire, n'ait pas pris la peine
d'informer ses collègues de la défense qui ont toute la région d'Abéché
sous leur contrôle ? Peut-on croire, doit-on croire, que les militaires
français laissent monter à bord de leurs avions des individus dont ils
ne vérifient ni l'identité, ni l'activité?
Éric Breteau, le président de l'Arche de Zoé est aussi chef de mission
dans l'association Children Rescue sous le couvert de laquelle il a
monté l'opération, on voit d'ailleurs ce logo sur les t-shirts des
prévenus. On nous dit que la police française a été alertée par une
future mère adoptive qui s'est inquiétée que son chèque ait été
encaissé par l'Arche de Zoé. Cela veut-il dire que si le chèque avait
été encaissé par Children Rescue, les autorités françaises
considéreraient l'opération comme légale, bien que le quai d'Orsay
sache que le Tchad et le Darfour interdisent l'adoption ?
Est-ce que l'armée française a couvert cette opération illégale en
fournissant de la logistique à l'association ?
Et ce n'est pas tout.
L'avion qui devait amené en France les enfants kidnappés étaient
attendus à l'aéroport de Vatry dans la Marne à 120 km de Paris en zone
rurale. Selon le journal Libération du 27 octobre, "l'Arche de Zoé,
qui avait beaucoup communiqué sur son projet d'«évacuation d'enfants en
danger de mort», est restée discrète sur les conditions d'arrivée en
France : la préfecture de la Marne dit ne pas avoir été prévenue de
l'arrivée d'un tel vol sur l'aéroport de Vatry, habituellement
consacré au fret".
Pourtant les familles d'accueil qui étaient venues de partout en
France à l'aéroport de Vatry pour attendre les 103 enfants avaient
prévu de faire le siège; ils avaient emmené tentes, sacs de couchage et
camping-cars. La "petite" association avait même préparé une cantine
mobile. Et le préfet, qui n'avait pas été informé, leur a rendu
visite et a promis de les tenir informés de l'avancement des opérations.
Et comment le préfet se tient lui-même au courant de cette opération
d'adoption illégale au Tchad et au Darfour ? N'est-ce pas par le même
ministère des Affaires Etrangères qui avait indiqué à Éric Berteau de
l'Arche de Zoé que l'adoption était illégale au Darfour et au Soudan ?
A moins que ce soit directement par les Armées !
Dans cette affaire de kidnapping évident d'enfants et d'infraction à la
loi Tchadienne, la complexité se situe dans l'imbrication des
complicités passives ou actives.
Des têtes doivent tomber.
Parallèlement à l'enquête dirigée par la Justice Tchadienne, il est
nécessaire d'établir un bilan public complet et détaillé des autres
adoptions d'enfants Africains en France, par association et en priorité
par Children Rescue, l'Arche de Zoé et les associations dont les
membres ont coopéré avec les responsables de Children Rescue et l'Arche
de Zoé.
Ce bilan doit répondre aux questions suivantes:
- Combien de ces enfants sont tombés dans la prostitution ?
- Combien de ces enfants ont été abusés par leur famille d'accueil ?
- Combien de ces enfants avaient des parents ?
- Combien sont morts ou ont subi une opération chirurgicale d'ablation
d'organe ?
Pour mettre un terme définitif à ces pratiques criminelles drapées dans
le mensonge colonial,
il faut imposer des Réparations pour ce Méga Crime Contre l'Humanité
qu'est la Traite Négrière Transtatlantique.
Les Africains et les Filles et Fils d'Africains Déportés et Esclavisés
sont tous unis derrière la Justice Tchadienne.
Les ancêtres demandent Réparations.
Gilbert Léonard
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