La jeunesse africaine doit-elle arrêter de rêver ? A considérer la mobilisation des états européens pour élever des murs de protection contre la dite invasion de gens du Sud, nous ne sommes pas loin de l'élevation d'un blocus continental contre les jeunes du Sud qui désirent connaître les régions du Nord, le pays de ceux qui viennent cousus de dollars et d'euros. Les jeunes du Sud veulent jouir de la même aisance de vie. Les humains n'ont-ils pas les mêmes besoins?

 

Le 17 août 2006 j'ai été arrêté et déferré en prison soit disant que je n'avais pas de papier, pourtant j'ai des papiers, mais pour la France, les papiers africains ne sont pas des papiers. Je suis ici en France depuis un moment, et ce jour-là nous avons été plusieurs à être arrêtés comme des chiens et jetés en prison. Par la suite, plusieurs ont été reconduits en Afrique. J'accepte de montrer mon visage, car je veux comme les autres à qui on a collé des APEREF qu'on mette des visages sur ces jeunes africains qui sont bousculés, violentés ici tout simplement parce qu'ils sont africains. Nous ne sommes pas des voleurs, nous ne sommes pas violents non plus, notre seul désir c'est de travailler pour aider à l'épanouissement de nos familles restées au pays, car le souci de beaucoup d'entre nous ce n'est pas de vivre dans l'oisiveté mais de travailler.

Toutes les possibilités d'avoir un peu d'argent sont concentrées en Europe, nous n'allons donc pas nous laisser mourir en Afrique pendant que tout a été construit en Europe au détriment des gens du Sud. Nous ne sommes pas de grands scientifiques, ni mêmes des intellectuels, mais nous savons où se trouve les richesses, nous savons que les gens vivent très bien au Nord et que les déchets sont déversés au Sud. On n'a pas besoin de faire des grandes études pour savoir qu'il faut voyager pour tenter de changer sa condition de vie. Aujourd'hui, nous sommes ici au gymnase de Cachan, agglutinés les uns sur les autres comme des bestiaux, pendant que les autorités politiques françaises font des voyages en Afrique pour continuer de violenter les esprits. Nous avons-nous aussi des droits et les européens ne pourrons pas continuer à marcher sur les autres pour se construire et prétendre qu'ils sont garants des droits humains. Leurs propres discours se retourneront contre eux un jour car je crois en la vérité, et nul ne peux construire durablement dans le mensonge.