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Objet : Nous portons plainte contre vous pour non assistance à personne en danger
Monsieur le ministre de l'Intérieur,
Nous avons l'honneur en vertu de notre qualité de présidente de Zanadoan, Afrique Ici et Ailleurs, pour les objectifs que nous défendons, de venir par cette lettre vous féliciter de vos voyages en Afrique, mais nous tenons à souligner que le Sénégal ne représente pas toute l'Afrique ; au cas où vous souhaitez vous adresser à elle, il y a des structures internationales établies pour cela dont l'UA. Nous savons que votre premier voyage dans trois pays africains vous a montré un peu la réalité de l'Afrique. Mais éviter les uns pour aller courtiser les autres, n'est pas ce qui va construire l'Afrique.
Vous êtes parti au Sénégal en laissant des africains en danger dans le gymnase de Cachan pour aller proclamer une immigration concertée avec Abdoulaye Wade au Sénégal. Pour les 1000 de Cachan, de quelle immigration s'agit-il ? Ces africains expulsés viennent pour beaucoup de la Côte d'Ivoire et du Mali, mais il ne vous a pas semblé nécessaire d'aller discuter avec les présidents de ces pays, pourtant chaque jour, menottés bousculés, ces africains maliens pour le grand nombre sont reconduits dans leur pays d'origine. Ils avaient pourtant du travail, une famille en France.
Dans votre immigration concertée avec Abdoulaye Wade, vous favorisez les artistes, les étudiants, bien ! Mais pensez-vous que l'Afrique n'est constituée que d'artistes, d'étudiants et de diplomates ? En outre, pourquoi chasser ceux qui sont déjà en France pour en faire venir d'autres ? Les africains de Cachan, comme les africains non étudiants qui sont en France dont certains ont été amenés par la France elle-même, ne prennent pas la place de ceux que vous voulez privilégier. Dans la vie chacun a son destin, le seul rêve que pouvaient se donner ces africains qui ne sont pas homologués par vous, c'était de pouvoir voyager, et en particulier, voyager pour travailler comme des forçats en Europe pour nourrir des familles entières pour certains, des villages entiers pour d'autres. Ce que vous proposez pour venir en aide au développement en Afrique, les 150 millions d'euros proposés, sont peu de chose à côté de ce que ces immigrés apportent à l'Afrique. Vous ne le savez peut-être pas, les 90% d'africains subsahariens ne sont pas scolarisés. En outre, vous devez savoir que les scolarisés en général ambitionnent le fonctionnariat, alors que le budget des pays africains de l'Afrique subsaharienne, ne couvre pas les salaires au vu des nombreuses manifestations de protestation à cet effet. Ces fonctionnaires qui ne gagnent pas grand'chose, puisque les ministres eux-mêmes touchent difficilement le smic français.
Vous voyez déjà qu'ici il y a un poids deux mesures, je ne vais pas m'étendre sur la question des inégalités criardes de la présence même des européens et de leurs revenus sur le territoire africain, du décalage qu'il y a entre les financements qui gèrent les structures de spécialistes français et de ce qui va réellement au travail sur le terrain.
Il y a des étudiants africains ici en France, qui ne peuvent pas rentrer faute d'emploi dans leur pays car aucune structure sociopolitique n'a été mise en place pour les étudiants en fin de cycle. Nous pensons qu'il serait approprié de penser à une étude sérieuse sur la question de la réinsertion des jeunes en Afrique. Les ligoter et les ferrer pour les rejeter comme des bêtes dans les pays d'origines n'est pas pour les honorer ni pour rendre hommage à leurs parents moins encore aux présidents de ces contrées.
Depuis 1996 la brutalité sur les populations africaines de France est la règle, 2005 a connu une sommité d'atrocités en la matière : brûler vif des femmes et des enfants à Paris
en trois endroits différents ; 2006 : mettre la vie de plus de 300 familles en danger, bousculés par les crs, le 17 août, battus par une pluie diluvienne, hommes, femmes et enfants ont dormis sur le tarmac la nuit du 17 au 18. Quel a été leur crime ? Ils étaient tous africains, Beaucoup avaient des papiers, certains même ont été embarqués par la police alors qu'ils possédaient leurs cartes de séjours, peu étaient ceux qui étaient sans papiers. En ce domaine encore, il y a un hiatus : puisque sans papier, vous ne pouviez pas savoir d'où ils viennent, ils avaient donc des papiers, seulement leurs papiers n'étaient pas français mais africains. Un papier vaut il mieux qu'un autre papier ? Les européens qui vivent en Afrique et qui y travaillent ont-ils des cartes de séjour ?
Immigration choisie, immigration concertée !
En tant que ministre de l'intérieur, vous ne savez peut-être pas comment l'administration coloniale s'est installée en Afrique ? C'est votre droit ! Mais il faut savoir qu'il n'y a pas de fumée sans feu ? C'est ce que la France et le congrès de Berlin ont posé hier qui rejailli aujourd'hui. Ce sont les jeux de dupes qui se sont fomentés hier qui rejaillissent aujourd'hui. L'école coloniale, l'interdiction des rites initiatiques de l'éducation africaine, le combat des structures sociopolitiques ont mis en déroute toute mentalité fixative.
La France est-elle devenue acéphale ? La France a tué de millions d'Africains pour se construire par sa politique extérieure. Vous devez savoir qu'à un moment, les greniers de l'Oubangui Chari au Tchad ont nourri les français. Aujourd'hui, nous sommes devenus la peste, pour peu que nous essayions d'aller voir hors de nos frontières. Les autres peuvent venir se servir chez nous, nous égorger pour prendre nos richesses et nos enfants, mais nous nous ne devons pas sortir de nos frontières, ce sont eux qui décident qui doit sortir ! Quand nous ne voulions pas sortir, nous avions été menottés bâillonnés et transportés de force comme des bêtes en fond de cale du négrier ; aujourd'hui, mus pas l'instinct de survie, nous décidons d'aller voir ailleurs pour préserver la vie des nôtres, et les mêmes qui avaient enchaîné nos arrières grands parents, qui avaient décapité nos grands parents pour installer l'administration coloniale sur nos terres évinçant ainsi l'autorité politique de nos chefs ! La même France qui avait posé tous ces actes hier, la même France à qui nos grands parents ont donné leur sang, cette même France expulse et piétine les fils de l'Afrique, car ce qui se passe en France pour les prétendus sans papiers africains, est une ignominie, un parjure.
Ce n'est pas en foulant les enfants au pied que vous contribuerez à la construction de l'Afrique.
Monsieur le Président Chirac, Monsieur Sarkozy, ministre de l'intérieur, monsieur le ministre des affaires étrangères, vous ne pouvez pas continuer à piétiner l'Afrique en France et à prétendre vouloir le développement de l'Afrique, car vous savez vous-mêmes que ce sont les forces vives de l'Afrique que vous mettez en danger ici.
Nous portons donc plainte contre vous pour non assistance à personnes en danger en ce qui concerne les 1000 de Cachan en particulier. Si vous voulez agir pour l'Afrique, vous devez discuter avec l'UA, structure internationale africaine votée pour la représenter, ou les structures régionales africaines, un état ne saurait parler pour les autres pays, et vous ne pouvez conclure des arrangements sur la tête de tous les fils de l'Afrique avec un seul président africain. Le Sénégal est un beau pays que nous aimons tous, mais en ce qui concerne l'immigration des fils de l'Afrique, tous les pays africains sont concernés. Cessez donc de diviser pour régner. Vous dites vous-mêmes qu'un désastre en Afrique est préjudiciable à l'Europe, alors commencer par respecter les êtres et les structures déléguées, vous verrez que les choses iront tout seul. Rejeter les africains pieds et poings liés en territoire africain n'est pas un acte constructif mais une action humiliante qui peut vous revenir en pleine figure. Nous pensons qu'à trop vouloir se protéger après avoir exploiter la sueur et le sang des autres devient un préjudice contre l'humanité que vous dites protéger.
Nous pensons que le fait de vouloir en parler est bon, mais vouloir ensuite prendre seul des initiatives sans les gens du Sud n'est pas pour construire.
Dans l'espoir que cette lettre vous amène à vous recentrer sur le vrai drame africain, nous vous invitons monsieur le ministre de l'intérieur à travailler dans le dialogue avec les africains de France et à sursoir à tous les APRF que vous avez fait distribuer aux africains de France, et en particulier ceux de Cachan et à les régulariser, car ils ont tous un emploi.
Il faudra entamer une étude de fond sur la question de comment rendre les pays africains spoliés viables pour les jeunes, comment développer le travail saisonnier, comment établir un réel échange avec les travailleurs manuels et etc. etc. ... Zanadoan a lancé le projet des ARRA pour permettre des retours suivis, mais il y a un travail en amont à engager. Nous attendons votre invitation pour un dialogue effectif, car nous voulons vous montrez que ces africains séquestrés ne sont pas un problème pour la France, et la situation de Cachan doit être résolue pour tous ceux qui ont un travail ainsi que celles des femmes, car ils ne sont pas un poids pour la France, au contraire, ils entretiennent la France par leur travail.
En copie à :
Monsieur le Président de la République française
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères
Monsieur le Ministre de la Coopération
La Présidente de Zanadoan
Dr Kantiébo Edjou Djomniyo
ZANADOAN, 31 BD RASPAIL ; 75007 PARIS ; tél/fax : 0145441823 ; Site web : www.zanadoan.org Mail : info@zanadoan.org Association ZANADOAN, L'AFRIQUE ICI ET AILLEURS, LOI 1901, N° DE SIREN : 444 791 230 ; Siret : 444791230000014 code APE : 913 E
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