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Karamogo Diara était désemparé
ce jour là, il a été parmi les
premiers à être embarqué par la
police, le samedi, il devait comparaître en jugement
au tribunal de Meaux. J'ai dû me rendre à
ce jugement par mes frais, je voulais comprendre ce
qui arrivait à mes frères d'Afrique, bousculés,
menottés et embarqués sans ménagement
comme s'ils étaient de criminels. Nous nous sommes
donc rendu ce samedi 19 août à Meaux pour
suivre ce jugement, où le crime était
de ne pas être Français. Car des papiers
ils les avaient, on savait donc qui ils étaient.
En effet, la terminologie "sans papiers" est
on ne plus abusive, car sans papier, les policiers et
le gouvernement français auraient du mal à
renvoyer les gens chez eux en collaboration avec les
ambassades respectives. Ceux qui sont sans papiers,
suivent donc la logique de la France elle-même,
qui se retrouve prise dans son propre piège.
Où renvoyer un africain pris sans papier ? J'ai
tenu à discuter avec karamogo et les autres,
il vient que ce qu'ils ont vu et vécu dans leur
chair montre un visage étrange de la France.
Que des jeunes qui n'ont pas fait de grandes études
ont posent des questions crue à la France et
à l'Europe coloniale, qui après s'être
bien repue de l'Afrique, rejette les fils de l'Afrique
et refuse le partage. Donnons plutôt la parole
à Karamogo et à Diabaté qui se
sont sentis légers après avoir dit ce
qu'ils avaient dire, pour la postérité
je crois.
Qui
suis-je ? Le visage d'Akhenaton nous interroge.
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